STASE, Julio Artist-Run Space, curation par Côme Scialom, 07/05/2026-17/05/2026 – Paris
Imaginée autour de la pratique de Carma Crespel, Stase déploie l’étrange bestiaire de l’artiste à travers une série de peintures. Disposées sur les trois murs de l’espace d’exposition, elles laissent en leur centre la place à une sculpture de mammifère marin. Celui-ci semble figé entre deux états, dans une simultanéité quantique, à la fois en plein saut hors de l’eau pour reprendre sa respiration, et comme échoué, une flaque s’étant formée sous sa tête.
Par définition, la stase désigne l’arrêt ou le ralentissement de la circulation d’un liquide organique. Comme titre, elle trouve un écho dans l’œuvre de Carma, où le liquide change d’état : sujet figé par la photographie, séché sur la toile, ou en silicone devenu solide. La présence de liquides renvoie souvent à des fluides corporels, rappelant qu’Éros n’est jamais très loin.
Sur ses toiles, couleurs et animaux singuliers cohabitent, faisant émerger des formes autant troublantes qu’évocatrices, souvent anecdotiques. Dans son répertoire, Carma crée des êtres composites, aux formes chimériques et parfois difficilement identifiables, des êtres indéfinis. Un oiseau, un chien, les deux, que regarde-t-on ?
Au mur, le display prend la couleur de la flaque, tirant vers celle de l’informe chewing-gum mâché. Il fait cadre, bien rectangulaire, les angles droits. Est-ce vraiment un cadre ? Un socle renversé ? Stase explore ce qui montre, ce qui supporte l’œuvre, ce qui fait dispositif de monstration. Un banc d’angle sert de support à une autre peinture. Le regard hésite, les statuts sont en branle : installation collaborative, ou bien œuvre et son support ? Ici, il s’agit moins d’apporter des réponses que de soulever des questions.
L’assise, envisagée ici comme un élément scénographique, se glisse du côté du ready-made. Elle est un élément récurrent dans l’espace d’exposition. Tantôt lieu de repos, pour le public comme pour la surveillance, tantôt socle ou partie de l’œuvre, parfois même objet exposé, son statut demeure multiple.
Aujourd’hui, c’est le tableau qui est assis.
Par Côme Scialom






One Day Soon , Zero Art Space, Tokyo, 16/11/2024-23/11/2024 – Japon
Curiosity, criticality, artifice and reverence for the natural world appear throughout Torbjørn Rødland’s work and often in the same image, forging links between twentieth-century art photography and twenty-first-century approaches to image-making.
For Issue 17, Der Greif and Rødland launched an open call titled « One Day Soon, » focusing on the dynamic relationship between technology, culture, and the photographic medium. Rødland’s vision sought to push the boundaries of photography in response to the growing influence of generative AI, moving beyond traditional notions of subjective documentation and venturing into uncharted creative territories.

Zéro Art Space, duo avec Doruk Kumkumoğlu, Tokyo, Japon, 2024.